Après les vacances, nous nous sommes enfin rencontrées en personne, et j'ai pu examiner en détail tous les dessins qu'elle avait réalisés. J'étais incroyablement fière. Chaque œuvre avait été réalisée sur du papier épais au format A3 ou A2, ce qui est un format assez grand et nécessite beaucoup de temps pour chaque travail. Nous avons discuté en profondeur de chacun d'eux, en analysant les erreurs, en constatant les progrès réalisés, et en identifiant les aspects sur lesquels nous devrons travailler à un rythme plus intensif.
L'un de ces aspects était le ton. L’histoire tonale de chaque œuvre est d'une importance capitale. Sans une gestion correcte des tons, l'élève ne pourra jamais réussir à transmettre pleinement le volume et la profondeur de l'espace dans son tableau.
C'est pourquoi nous avons décidé ensemble de sélectionner plusieurs dessins d'Ella pour les analyser en détail, en examinant précisément l'éclairage et la gestion de la lumière dans chacun d'eux.
C'est un exercice très utile, car la règle la plus importante du ton est la suivante : il ne doit pas y avoir de zones blanches sur le papier, sauf si ce sont des zones de lumière pure. Sinon, le fait que tout semble être une tache monotone, grise et pâle, n'aidera pas à faire ressortir les formes arrondies des objets, ni à créer la profondeur de l'espace.
Cela signifie qu'il est essentiel d'analyser attentivement à la fois la lumière et l'ombre, en commençant par les zones les plus contrastées du premier plan et en terminant par les zones les plus claires. Cela peut sembler simple, comme deux doigts sur le pavé, mais en réalité, c'est l'un des concepts les plus complexes en dessin, que même les artistes professionnels ne cessent de perfectionner dans leurs œuvres.