AMBASSADEUR DE

B L O G

PREMIèRe LEÇON DE DESSIN CLASSIQUE.

Le dessin a été et demeure le tronc solide de l'arbre en fleurs de la peinture, il « porte » en quelque sorte la richesse et la vivacité de ses couleurs.
Cette comparaison est d'autant plus juste que sur la base du dessin, dont les racines plongent dans la profondeur des âges, ont grandi et se sont ramifiées toutes les arts visuels et l'architecture. Il est lié aussi aux nouvelles formes de création — la conception artistique (design), ainsi qu'à l'art ancien de la scénographie, de l'embellissement des rues et des places lors des fêtes comme dans le quotidien, sans oublier l'illustration des livres, etc.

Le dessin n'est pas par hasard qualifié de réflexion avec un crayon en main, de conversation intime de l'artiste avec la nature.

« Dessiner, c’est raisonner », affirmait Tchistyakov.

La ligne vivante du dessin est comparée à un électrocardiogramme, soulignant le battement du cœur de l'artiste dans chaque trait.

Le résultat de profondes et vastes réflexions philosophiques sur la vie, le monde et l'homme se trouve dans de nombreux chefs-d'œuvre du dessin. Il suffit de se plonger dans l'« Autoportrait » de Léonard de Vinci pour en être convaincu.

Le dessin a aussi été l'un des premiers moyens de communication entre l'homme et l'homme. Sa langue ne nécessite aucune traduction dans les dialectes locaux.
Sans connaître encore l'écriture, les hommes préhistoriques prenaient des pierres tranchantes et, par de puissants coups, gravaient sur la roche des images d'animaux sauvages ou de chasseurs. Ainsi, aux premières lueurs de l’histoire de l’humanité, l’instinct créateur puissant poussa nos ancêtres à l’idée d’exprimer la force de leurs émotions, de raconter la signification des événements, et de se montrer sous un autre angle, de représenter leur vie et leurs occupations quotidiennes. Des ténèbres des millénaires nous sont parvenues des images de scènes de chasse et de travail, de processions et de batailles. Beaucoup de ces dessins rupestres nous étonnent encore aujourd’hui par leur vivacité, leur sens de l’observation et leur étonnante plasticité.

Et les enfants dessinent avec passion. Ce même désir ardent de comprendre le monde qui les entoure semble les animer. L'une des expositions internationales de dessins d'enfants a d’ailleurs été intitulée :
« Le monde vu à travers les yeux des enfants ».

Dans les années de l’enfance, lorsque la conscience, la pensée et les sentiments s’éveillent, presque chacun d’entre nous devient artiste et fait des découvertes étonnantes. Il s'avère qu'avec quelques lignes, on peut dessiner sa maison, retranscrire les saisons, les visages des proches, exprimer la tristesse ou la joie, dessiner les héros des contes ou même des événements marquants gravés dans la mémoire.

Les enfants dessinent comme ils jouent : avec abandon, sincérité et enthousiasme. Leurs dessins sont d’une rare persuasivité, bien qu’il puisse sembler qu’ils « dessinent mal ».

Les grands maîtres de la peinture portent un intérêt évident et un respect sincère à l’art des enfants. Il n’est pas rare d’entendre de leur part des éloges sur la précision de l’observation, la justesse et l’expressivité de la composition, la beauté des couleurs dans les œuvres des petits. Et surtout — sur l’honnêteté et la profonde conviction que tout ce qui est représenté est vrai. « Si seulement nous pouvions dessiner aussi librement ! » — disent-ils, sans dissimuler leur envie.

Et quel bonheur pour celui qui a su développer et conserver à travers sa vie cet amour originel, pur et puissant pour l’art !
Le rôle de l'art, de la peinture en tant que moyen de propagande, est immense. Non moins importante est la place du dessin dans le domaine de la technique. Il est essentiel de développer la pensée visuelle. Celle-ci est liée à la force de la perception visuelle, à l’habileté d’observer, ainsi qu’au développement de la mémoire visuelle et de l’imagination créatrice. Les études de dessin ne se limitent pas simplement à la capacité de représenter des objets ou d’illustrer ses pensées.

Le véritable art éveille chez l’individu une perception esthétique, un sentiment et une compréhension du beau, ce qui signifie la capacité à saisir le monde et soi-même dans ce monde, à se situer avec plus de profondeur et de perspicacité face aux événements.

Il est depuis longtemps observé que l’homme pleinement développé, intérieurement mature, et doté d’un bon goût artistique, s’acquitte mieux de ses tâches, quel que soit son domaine, quelle que soit sa profession.

Pour chaque artiste, « le dessin doit être au bout du pinceau ». Pourtant, de nombreux artistes débutants, s’enthousiasmant en appliquant des couleurs sur la toile, oublient le dessin. Ces œuvres rappellent les paroles de Charles Lebrun : « Le dessin est toujours le pôle et la boussole qui nous guide, afin de ne pas sombrer dans l’océan de peinture, où beaucoup se noient en cherchant le salut ».

Parfois, la négligence du dessin ne découle pas seulement d’une incompréhension de son importance. On remarque que les coloristes talentueux sont souvent moins habiles dans le dessin, tandis que beaucoup de ceux qui dessinent de manière vigoureuse, audacieuse et assurée éprouvent une étrange timidité face à la couleur et aux peintures, peinent à percevoir immédiatement les harmonies colorées.

Lorsque vous vous plongerez dans les biographies des grands artistes, vous noterez à coup sûr que leurs immenses talents ont été forgés dans un travail acharné. Ils n'ont jamais gaspillé leur temps, dessinant partout, nourris par une soif de dessiner aussi intense que le besoin de boire, de manger ou de respirer. Comment ne pas conseiller alors à tout artiste débutant de s'offrir un carnet de croquis et de dessiner partout où il va ? Il n'est pas étonnant que ces carnets soient appelés le véritable « ami de l'artiste ».

#1. LE DESSIN DANS LA PEINTURE.

L’affirmation selon laquelle « le dessin est la base de la peinture », souvent citée dans les manuels pour débutants, porte en elle un sens profond. Cependant, beaucoup de lecteurs interprètent cela de manière erronée. Ils pensent (et agissent ainsi) : « Je dessinerai d’abord les contours de manière plus précise, et ensuite il suffira de remplir soigneusement les silhouettes avec de la couleur, et ce sera bien. »

Et bien souvent, ils ne comprennent pas immédiatement que c’est précisément cette approche qui conduit à un échec complet en peinture. Le dessin ne doit pas devenir une simple esquisse pour coloriage. Ce qui compte davantage que des contours précis, c’est un sens développé de la forme et la capacité de rendre ses qualités plastiques par la couleur. Quand un peintre possède ces qualités, on dit de lui qu'il a « le dessin au bout du pinceau ».

Dans la véritable peinture, la couleur harmonise avec la forme, l'enrichit. Le célèbre peintre Deïnéka disait : « Le peintre doit maîtriser parfaitement le dessin. Car les défauts dans la connaissance du dessin mènent toujours à une négligence de la forme, ce qui conduit à une peinture mal soignée et négligée. »

Malheureusement, c’est exactement cette relation profonde entre le dessin et la peinture qui est souvent mal comprise par les artistes débutants.

Il existe une forte attraction vers la couleur, surtout dans l'art populaire. Un désir irrésistible d'exprimer rapidement toute la richesse de ses impressions à travers la peinture ! Mais c’est précisément le dessin qui aidera à trouver la véritable place de chaque tache de couleur, à déterminer sa force lumineuse et ses proportions, à révéler la forme par la couleur.

POUR VOTRE CARNET DE NOTE...

« Dessiner, ce n'est pas simplement reproduire des contours : le dessin ne se compose pas uniquement de silhouettes. »

Ingres

« Le dessin, au sens strict, est une marque, une ligne, un contour extérieur ; dans son sens véritable, il n’est pas seulement une frontière, mais aussi la mesure du modelé sculptural de la forme, qui répond à la réalité. »

Delacroix

#2. LE DESSIN D'APRÈS NATURE.

Il ne nous est pas rare, lors de nos cours avec des artistes amateurs, de voir des débutants qui, assis devant un modèle ou un nature morte, dessinent sans regarder leur sujet, cachant leur carnet sous leur chevalet. Certains esquissent rapidement les contours de la figure ou des objets, ombrent vaguement le dessin, puis croisent les bras en déclarant : « On ne sait pas quoi faire ensuite. » Cela témoigne du fait que les débutants ne saisissent pas encore le véritable sens du dessin d'après nature. Celui-ci repose sur une observation constante et une méthode de comparaison.

En réalité, la comparaison et la mise en relation sont des pratiques que tous les êtres humains utilisent dans leur vie quotidienne, au travail comme à la maison. Les réponses aux questions : « Qu’est-ce qui est correct, qu’est-ce qui ne l’est pas ? » viennent seulement après avoir comparé une action à une autre. Les propriétés des objets ne se révèlent qu’à travers la comparaison de deux ou plusieurs éléments.
Mais pour réussir dans le dessin, il est nécessaire de voir et de comparer des qualités du monde des objets et de notre environnement que l’on ne remarque pas habituellement dans la routine quotidienne.

Par exemple, un menuisier, lorsqu’il voit un arbre adulte, un pin ou un sapin, évalue d’un coup d'œil expert s'il est adapté pour être abattu. Mais pour l'artiste, c’est la beauté de cet arbre qui est précieuse. Pour comprendre ce qui rend la forme de la cime éparse et du tronc puissant si étonnante, il compare plusieurs arbres qui poussent côte à côte. L'artiste doit trouver les proportions, les relations de taille entre la cime et le tronc, l’emplacement et la configuration des branches, et bien d’autres détails qui échappent à l’attention de ceux qui ne savent pas dessiner et n’ont pas l’intention de le faire.

Si vous aussi vous commencez à étudier le dessin, vous aurez du mal au début, par exemple, à comparer les parties avec le tout, avec la forme générale de l’objet que vous représentez.

Un conseil très utile est de faire une pause pendant que vous travaillez sur votre dessin (ou étude), et de le regarder d’un coup d'œil, en portant votre regard sur toute la feuille et sur la totalité du sujet à la fois. Le fait d’analyser une tache isolée et de la comparer avec la tache correspondante dans la nature n’apportera rien, si vous ne gardez pas en vue l’ensemble de votre travail, si vous ne regardez pas la nature de manière globale.

Pour qu'il devienne habituel de regarder la nature et le travail de manière large et globale, il faut maintenir les deux « hors du focus » et « desserrer » ou « plisser » les yeux, regarder la zone recherchée « à côté et rapidement », et imaginer la nature sur une « surface imaginaire ».

Pour beaucoup d'entre vous, cela sera une nouveauté et difficile. Cependant, l'essence de la grammaire de l'image ne réside pas dans l'apprentissage des règles, mais dans la capacité à travailler avec les relations. C’est justement ce que permet la méthode de comparaison, mais uniquement sur la base d’une vision globale, sous réserve d'une observation constante du dessin et de la nature dans son ensemble.

Il est possible et nécessaire d'apprendre à comparer, à condition de le faire sans relâche et avec la même passion que celle que vous ressentez pour réaliser votre projet. La méthode de comparaison aide précisément à trouver une solution juste et intéressante pour tout ce que vous avez imaginé.

Beaucoup vous apportera également la comparaison de vos dessins initiaux avec les suivants, dans lesquels vous verrez ce que vous a suggéré un sens de la forme, des proportions et une acuité visuelle qui se développent au fur et à mesure des travaux. C’est pourquoi, conservez chaque dessin, même le plus raté, et apprenez de vos échecs, réjouissez-vous de chaque progrès vers l'amélioration en le découvrant lors de l'examen de vos œuvres.

De temps en temps, exposez vos dessins en ligne, dans l'ordre chronologique, des premiers aux derniers, et examinez-les longuement et attentivement, en réfléchissant à savoir si les tâches, énoncées et expliquées ont été résolues. Cherchez les raisons d'une exécution incomplète des tâches, en vous efforçant d'éliminer tout ce qui gêne un meilleur dessin. Consultez un maître expérimenté, qui vous aidera à maîtriser la méthode de comparaison et à repérer et corriger les erreurs dans vos dessins. La capacité à comparer sera le début de la créativité compositionnelle. Il est connu qu'à travers les comparaisons, en confrontant différents événements et phénomènes, l'idée de nombreuses œuvres d'art remarquables a vu le jour.

Le dessin ne se réduit pas à un transfert mécanique des contours d’un objet sur la feuille, à une reproduction des contours de la nature. Cela serait tout simplement possible, par exemple, sur une vitre placée verticalement devant la nature. Le dessin d’après nature implique de mettre en évidence et de souligner les qualités et les propriétés du monde matériel que l’artiste juge particulièrement importantes à transmettre. Le travail sur la feuille commence lorsque l’idée du futur dessin émerge. Dès les premiers traits, l’artiste cherche à saisir l’essentiel, ce qui correspond à cette idée.

Il arrive, bien sûr, que l’idée mûrisse au fur et à mesure du travail, commencé sous l'influence d'une impression très forte et vive, lorsque, littéralement, il n'y a plus de forces pour résister, que l'on se précipite pour transposer dans le dessin tout ce qui a frappé l'artiste dans la nature.

Mais la première impression n’est qu’une étincelle, à partir de laquelle le feu de la création s’allume.

Et au fur et à mesure que l'on avance, les comparaisons visuelles se multiplient dans l’esprit de l’artiste, éclairant ce qui a été vu précédemment, et les particularités du nouveau motif se révèlent de plus en plus nettement, tandis que la tâche du dessin devient de plus en plus précise. Les traits superflus et accidentels disparaissent, les lignes et les zones d’ombre les plus expressives sont appliquées de manière plus audacieuse et assurée.

L’idée se précise définitivement, et, en fonction de celle-ci, l’artiste généralise son dessin, en soulignant ce qui est essentiel dans la représentation.
AUTEUR DE L'ARTICLE: KRISTINA MARIINSKAYA

À LIRE AUSSI...

Certains confondent le travail d'après mémoire et le dessin d'après imagination. Les deux méthodes ont un fondement commun : l'objet représenté est absent au moment où le dessin est réalisé. Cependant, dans le dessin d'après mémoire, l'artiste s'efforce de reproduire l'objet dans la même position et sous la même lumière qu'il l'a observé...
réalisez votre rêve avec nous !
MARIINSKAYASCHOOL@GMAIL.COM
VOUS AVEZ TOUJOURS DES QUESTIONS?
NOUS SERIONS HEUREUX DE VOUS AIDER !
2021-2025
TOUS DROITS RÉSERVÉS